Selon la religion des cités Grecques de l’antiquité, tout commença par Chaos. Il donna lieu à la naissance de huit Géants, au rang desquels Gaïa, Eros, Erebos, Nyx, Aither, Ouranos, Hemera et Pontos. Gaïa (la Terre) et Ouranos (le Ciel) auront beaucoup d'enfants, tels que Phoïbé (la Lune), Mnémosyne (la Mémoire), Kronos (le Temps), l'Océan, les Cyclopes et Hypérion (père d'Hélios, le Soleil).
Celui qui nous intéresse, ici, c'est Kronos. Ce personnage engendre avec Rhéa plusieurs enfants, les Titans, qui sont Poséidon, Hadès, Héra, Déméter, Maïa, Dioné et Léto; Kronos, avide, dévore ses enfants... Rhéa, sa femme,décide d'en sauver au moins un, qu'elle appellera Zeus. Ce dernier est donc emmené loin sur une île de méditerranée, et est nourrit par la chèvre Amalthée. Ensuite, Zeus grandit, et il apprend ce que son père a fait à ses frères et soeurs, qu'il décide de venger. Il finit par le tuer et devient alors le maître suprême de l'Olympe... Zeus, fils de Kronos et de Gaïa devient Dieu du ciel et de l’Olympe, Zeus régnait alors en roi tout-puissant, Dieu parmi les dieux.
Puis vint Héraclès (Hercule de son nom latin), La conception d'Héraclès n'est pas anodine, en effet, Zeus se préparait à affronter les géants immortels face aux dieux. Aussi décida-t-il de donner vie à un demi-dieu doté d'une force prodigieuse, capable de vaincre les fils de Gaia, dans un épisode célèbre nommé la folie d’Héraclès, ce dernier fût condamné à accomplir douze travaux pour redevenir libre, cela fait, Zeus lui offrit une place sur l’Olympe, parmi les Dieux, Héraclès devint alors immortel !!!
Place maintenant à la tragédie, chère à nos amis Grecs, La tragédie expose des thèmes mythiques (tout comme l'épopée) où les héros d'anciennes légendes font face aux dieux: la volonté des dieux est ainsi nommée fatalité. Ces hommes exemplaires sont confrontés à des situations qui les dépassent et les remettent en question. Mais ce n'est pas seulement l'univers mythique qui devient problématique, c'est aussi tout le monde réel qui remet en question ses principes essentiels (la Justice, la Vérité, la place de l'homme...)
Aristote définissait ainsi l’organisation de la Tragédie :
Le principe des trois unités ( défini par le principe de vraisemblance ) :
Le lieu : une seule pièce pour une seule scène.
Le temps : temps limité, le temps de la représentation est équivalent au temps de la pièce.
L’action : la tragédie commence là où l’action se modifie.
Et enfin, Le principe de la catharsis : la tragédie doit purger les passions et inspirer terreur et pitié aux spectateurs.
Voici donc notre décor planté, l’Acropole 2006 abritera notre tragédie, le chrono sera notre unité de temps et l’action révèlera un vainqueur et quelques vaincus malheureux, dans la rôle de Zeus, fils de Kronos, Dieu parmi les dieux, évidemment Sebastien Loeb, dans le rôle des demi Dieux Petter Solberg et Marcus Gronholm qui aura la redoutable tâche d’incarner Héraclès et ses 12 travaux, que le sort en soit jeté !!!
Jeudi 1er juin 2006, 18h00, Stade Olympique d’Athènes, les dieux du Stade vont en découdre deux par deux sur le parcours de 2,8 km (2 x 1,4 km), au terme de ce spectacle moderne, Loeb domine Gronholm de 2 sec, Mikko Hirvonen est 3ème, François Duval, très en forme est 4, Sordo 5ème, Chris Atkinson 6, Henning Solberg 7, Jan Kopecky 8, Toni Gardemeister 9ème, Pons 10, Stohl 11, Katajamaki 12, Petter Solberg 13ème à 7,2 sec sur 2,8 km ( !!!), il faut dire que l’ES1 se déroulait sur asphalte avec des voitures en configuration Terre, disons que les Pirelli auront souffert un peu plus que les BF Goodrich !
Vendredi matin, ES2, Imittos, 11,43 km, Marcus (tout comme en Sardaigne il y a 15 jours) est aux avant postes, Solberg est second à 0,8 sec malgré une crevaison (la mousse a bien fonctionné), Loeb 3ème déjà à 6,40 sec, Hirvonen, Atkinson et Duval sont 4, 5 & 6ème, Gardemeister (ici au volant d’une Xsara aux couleurs psychédéliques) 7ème, Pons 8, Stohl 9 et Valimaki 10ème au volant de la Lancer WRC. Au général, Gronholm est déjà en tête, Loeb second s’accroche et Solberg 3ème complète le podium virtuel.
ES3, Skourta, 23,79 km, Gronholm continue à lâcher Loeb, Solberg est second à 6,10 sec, Seb 3ème à 8 secondes. Hirvonen 4, Duval 5, Gardemeister 6ème, Sordo 7, les deux 307 WRC de Stohl et Solberg (Henning) sont 8 & 9ème, Katajamaki 10, Chris Atkinson, lui, casse son différentiel avant et perd plus d’une minute et 22 secondes.
ES4, Thiva, 23,76 km, Gronholm encore, impérial, Solberg, second à 1,8 sec devance Duval, Loeb quatrième lâche ici 9,40 sec sur le leader, Zeus balaye et souffre, beaucoup. Valimaki est 5ème avec la Lancer WRC, Henning Solberg est 6, Hirvonen 7 devance les Xsara WRC de Pons et Gardemeister, Kopecky est 10ème.
Assistance pour tous pour une seconde boucle de 3 ES dans l’après midi.
ES5, Imittos bis, Gronholm scratche, Solberg second à 1,50 sec, Loeb 3ème, lâche encore 2,10 secondes au leader et déclare, un rien désabusé au point stop « …je roule très vite, je fais de mon mieux… ». Hirvonen 4, Sordo 5 devance les deux 307 WRC de Stohl et Solberg (Henning), Pons 8, Atkinson 9ème et Duval 10.
ES6, Skourta bis, Marcus améliore son scratch du matin de plus de 10 secondes, Solberg, solide second est à 2,10 sec, Loeb lâche encore 6,70 sec sur le leader, Stohl et Solberg (H) sont 4 & 5ème avec les 307 WRC, Gardemeister et Sordo sont 6 & 7ème avec les Xsara, Hirvonen 8, Duval 9 et Valimaki 10ème.
ES7, Thiva bis, Marcus qui améliore ici son scratch du matin (le 6ème de la journée, 100% des ES pour Gronholm) de plus de 22 secondes devance Loeb de 4,9 sec et Solberg de 8,80 sec. Tout comme en Sardaigne, au soir du premier jour Marcus devance le Champion du Monde en titre de plus de 35 secondes (35,4 secondes au premier soir en Sardaigne, 35,50 sec ici), si Marcus croit à la malédiction, des signes comme celui-ci sont lourds de sens, il lui faut conjurer le sort et pour cela continuer de déchaîner les enfers !!! Solberg est second du général à 26,30 sec.
Derrière les dieux, l’écart est déjà creusé, Hirvonen est 4 à plus d’une minute et 15 sec, Duval 5ème devance les 307 WRC de Stohl et Solberg (H), Gardemeister et Sordo sont 8 & 9ème, Valimaki, aussi constant qu’en Sardaigne place la Lancer WRC en 10ème place.
Samedi matin, ES 8, Mandra, 12,80 km, Gronholm à nouveau, Loeb second à 2,40 sec, Solberg 3ème à 4,30 sec, Atkinson 4, Solberg (H) 5, Hirvonen 6, Duval 7, Gardemeister 8, Stohl 9 et Sordo 10ème, Valimaki, lui, sort de la route sans gravité et perd plus d’une minute dans l’opération.
ES9, Kineta 37,33 km, Zeus déclenche la foudre et profite de cette spéciale « marathon » pour reprendre 9,7 secondes à Gronholm et 16,90 à Solberg ainsi que la seconde place du général. Atkinson est 4, Hirvonen 5, Stohl 6ème devance les Xsara de Gardemeister et Sordo, Solberg (H) est 9ème, Pons 10ème, à noter, la légère sortie de route de Duval (au 10ème kilomètre de la spéciale) qui le fait dégringoler de la 5ème à la 8ème place du général.
ES10, Psatha 17,41 km, Gronholm reprend une seconde à Loeb, Atkinson 3, Henning Solberg 4ème devance son frère Petter 5ème dont les Pirelli sont mis à mal par l’enchaînement de cette cinquantaine de kilomètres de chronos, Sordo 6, Hirvonen 7, Stohl 8, Vovos 9 et Gardemeister 10ème.
ES11, Mandra bis, Gronholm ce Loeb de 0,80 sec, Solberg 3ème à 3,10 sec est désormais (3ème) à plus d’une minute du leader au général, Sordo 4, Hirvonen 5, Gardemeister 6, Solberg (H) 7, Stohl 8, Pons 9 et Katajamaki 10ème. Duval 19ème (panne de sélecteur de vitesses, passe en manuel) chute encore au général, 10ème.
ES12, Kineta bis et à nouveau Loeb qui devance Gronholm de 4,90 sec et améliore son scratch du matin de près de 20 secondes. Solberg 3ème est relégué à 21,50 sec du leader, la lutte apparaît inégale pour les Subaru face aux Xsara et Focus ! Hirvonen est 4, Sordo 5, Stohl 6, Gardemeister 7, Solberg (H) 8, Valimaki 9ème et Vovos 10. Duval abandonne dans l’ES, problème moteur, Atkinson est lui aussi contraint à l’abandon.
La tragédie commence à se nouer sur le routier entre l’ES12 et la dernière spéciale du jour, la 13… Solberg fait un écart pour éviter du trafic en sens inverse, il mord sur la droite de la piste et arrache la roue avant droite, abandon, Petter est maudit cette saison et dans cette lutte à 3, il est terrassé, tel Achille lors de la bataille de Troie, frappé au talon, le sien, celui des Impreza cette saison, les parties roulantes et leurs pneumatiques, le duel fratricide entre Seb et Marcus se fera donc sans son arbitrage.
ES13, le combat des Titans aura lieu ici, la tragédie va y connaître son apogée, Loeb déchaîné y attaque à outrance, bien décidé à aller chercher Gronholm, Seb arrache la roue arrière gauche dans la spéciale et perd plus d’une minute et 22 secondes sur le leader, il ralliera néanmoins l’assistance Kronos dans les délais avec le train avant intact et une roue en moins à l’arrière gauche et une jante nue à droite, Zeus est terrassé.
Au général, au soir de cette deuxième étape, Marcus devance Sebastien d’une minute et 47 secondes, Hirvonen est 3ème à près de 3 minutes, Sordo 4ème devance les 307 WRC de Stohl et Solberg (H), Gardemeister et Pons sont 7 & 8ème sur leurs Xsara WRC respectives, Valimaki place la Lancer WRC à la 9ème place, juste devant Wilson, 10ème (à plus de 10 minutes du leader).
Dimanche, ES14, Avlonas, 23,90 km, Petter Solberg (reparti grâce au Super Rally) signe le scratch devant Marcus Gronholm, Gardemeister 3, Loeb 4ème avec une petite crevaison à l’arrière gauche (la mousse a rempli son rôle) et un chien errant qu’il laisse passé tellement le gap est important, Stohl est contraint à l’abandon sur sortie.
Petter signera les deux autres scratchs (ES 15 & 16) de la journée, remontant ainsi à la 7ème place du général, seule ES à lui échapper, la Super Spéciale du Stade Olympique d’Athènes où Marcus l’emporte (son 49ème scratch de la saison 2006), triomphant ainsi sur la terre des Dieux de l’Olympe devant l’ensemble de ses pairs au terme d’un Rallye que tous s’accordent à reconnaître très cassant, impitoyable pour les machines et les hommes, Marcus, lui, déjà demi Dieu, tel Héraclès aura eu raison des pièges et difficultés héllènes, après sa victoire au Monte Carlo et en Suède, voici un 3ème sommet atteint, il restera à Marcus 8 travaux à accomplir (Allemagne, Finlande, Japon, Chypre, Turquie, Australie, Nouvelle Zélande, Grande Bretagne) avant l’ultime, le 12ème, la Couronne Mondiale 2006, alors seulement, il pourra « …redevenir libre, cela fait, Zeus lui offrit une place sur l’Olympe, parmi les Dieux, Héraclès devint alors immortel !!… »
Et Marcus entrera dans la légende et mettra peut-être un terme à sa carrière, en attendant, le chemin est long, semé d’embûches et de pièges mais on retiendra qu’en terre Grecque, Zeus a tremblé sous les assauts d’Héraclès et que ce soir, Marcus trône au sommet de l’Olympe faisant couler à flots l’Ambroisie, nectar des Dieux, n’en déplaise à Zeus maître suprême….